Qu’est-ce qu’un bourgeon apical ?
Le bourgeon apical, également appelé bourgeon terminal, est un bourgeon situé à l’extrémité d’une tige ou d’un rameau. Il contient généralement un méristème apical, une zone de cellules capables de se diviser et de produire de nouveaux tissus végétaux.
Chez de nombreuses plantes, ce bourgeon assure la croissance en longueur de l’axe qui le porte. Il peut donner naissance à de nouvelles feuilles, à des portions de tige et, selon l’espèce et son stade de développement, à des structures florales.
Le bourgeon apical joue également un rôle important dans l’organisation de la ramification des végétaux.
Comment reconnaître un bourgeon apical ?
Le bourgeon apical se distingue principalement par sa position sur la plante.
Plusieurs caractères facilitent son identification :
- Position terminale : il se trouve à l’extrémité d’une tige ou d’un rameau.
- Forme variable : il peut être pointu, arrondi, allongé ou ovoïde.
- Taille variable : certains bourgeons terminaux sont plus volumineux que les bourgeons latéraux, mais ce n’est pas une règle universelle.
- Protection adaptée : chez de nombreux arbres des régions tempérées, il est protégé par des écailles appelées écailles budales ou pérules.
- Développement saisonnier : chez beaucoup d’espèces ligneuses, son ouverture au printemps contribue à la formation de nouvelles pousses.
Tous les bourgeons apicaux ne présentent cependant pas le même aspect. Certaines plantes possèdent des bourgeons peu visibles ou dépourvus d’écailles protectrices.
Quel est le rôle du bourgeon apical dans la croissance ?
Le bourgeon apical intervient dans la croissance primaire, qui permet l’allongement des tiges.
Lorsque son méristème est actif, de nouvelles cellules sont produites puis se différencient pour former les tissus de la jeune pousse.
Ce fonctionnement contribue à l’allongement des rameaux et à la mise en place de nouvelles feuilles.
Chez de nombreuses plantes, l’extrémité en croissance participe aussi à un mécanisme appelé dominance apicale.
Ce phénomène correspond à l’influence exercée par le sommet de la tige sur le développement de certains bourgeons latéraux.
L’auxine, une hormone végétale produite notamment dans les jeunes tissus de la pousse, intervient dans cette régulation, en interaction avec d’autres hormones comme les cytokinines et les strigolactones.
La dominance apicale varie selon les espèces, l’âge de la plante, les conditions de croissance et son état physiologique.
Bourgeon apical et taille des végétaux
La suppression de l’extrémité d’une tige peut réduire la dominance apicale et favoriser le développement de certains bourgeons situés plus bas.
Ce principe explique en partie les effets du pincement et de certaines tailles de formation.
Selon les plantes, ces interventions peuvent favoriser la ramification et modifier la silhouette du végétal.
Cependant, supprimer un bourgeon terminal n’entraîne pas systématiquement une multiplication des branches : la réaction dépend de l’espèce, de la saison, de la vigueur et de la présence de bourgeons capables de reprendre leur croissance.
Sur les arbres et les arbustes, une taille mal adaptée peut déséquilibrer le port naturel ou réduire la floraison.
Exemples de plantes présentant des bourgeons apicaux
Hêtre commun (Fagus sylvatica) : ses bourgeons sont caractéristiques par leur forme allongée, étroite et pointue. Les bourgeons terminaux sont particulièrement intéressants pour l’identification hivernale.
Chêne pédonculé (Quercus robur) : les extrémités des rameaux portent souvent un groupe de bourgeons rapprochés, parmi lesquels se trouve le bourgeon terminal.
Marronnier d’Inde (Aesculus hippocastanum) : ses gros bourgeons terminaux, souvent résineux et collants, sont facilement reconnaissables en hiver.
Noisetier commun (Corylus avellana) : ses bourgeons permettent d’observer le développement saisonnier des rameaux et la disposition des bourgeons latéraux.
Rosier (Rosa) : les jeunes pousses possèdent des extrémités en croissance dont le développement peut être modifié par le pincement et la taille.
Bourgeon apical, bourgeon axillaire et bourgeon floral : quelles différences ?
Bourgeon apical : bourgeon situé à l’extrémité d’un axe végétal. Il participe généralement à la croissance terminale ou peut évoluer vers une structure florale.
Bourgeon axillaire : bourgeon situé à l’aisselle d’une feuille, au point de jonction entre cette feuille et la tige. Il peut donner naissance à un rameau latéral ou à une structure florale.
Bourgeon végétatif : bourgeon qui forme principalement des feuilles et de nouvelles portions de tige.
Bourgeon floral : bourgeon destiné à produire une fleur ou une inflorescence.
Ces appellations ne décrivent pas toutes la même caractéristique : apical et axillaire indiquent une position, tandis que végétatif et floral précisent une fonction ou un devenir.
Un bourgeon apical peut donc être végétatif ou floral.
Quel est le rôle écologique du bourgeon apical ?
Le bourgeon apical participe au renouvellement des parties aériennes et à l’organisation de la croissance des végétaux.
Chez les espèces ligneuses des régions tempérées, les bourgeons protégés permettent à certains tissus de traverser la mauvaise saison avant la reprise de croissance.
Leur activité influence également l’architecture des arbres et des arbustes, ce qui contribue à la répartition des feuilles dans l’espace et à leur exposition à la lumière.
Les bourgeons constituent par ailleurs une ressource alimentaire pour certains animaux, notamment des insectes et des oiseaux, selon les espèces et les saisons.
Où observer des bourgeons apicaux en Bretagne Sud ?
En Bretagne Sud, les bourgeons apicaux peuvent être observés dans les haies bocagères, les boisements, les jardins, les parcs et les vergers.
L’hiver et le début du printemps sont particulièrement favorables à leur observation sur les arbres et arbustes à feuilles caduques, car l’absence de feuillage rend les rameaux plus visibles.
Le hêtre, le chêne, le noisetier et les arbres fruitiers offrent de nombreuses occasions d’étudier les bourgeons.
Pour les reconnaître :
- Choisissez un rameau accessible.
- Repérez son extrémité.
- Examinez la présence et la forme du bourgeon terminal.
- Comparez-le aux bourgeons situés sur les côtés du rameau.
- Observez leur disposition et leurs éventuelles écailles protectrices.
Une photographie du rameau entier, accompagnée d’un gros plan du bourgeon, facilite l’identification botanique.
L’observation peut être réalisée sans couper le rameau, afin de préserver la croissance naturelle du végétal.



