Drageon

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Qu’est-ce qu’un drageon en botanique ?

Un drageon est une jeune pousse aérienne qui se développe à partir d’un bourgeon adventif situé sur une racine d’une plante déjà installée.

Ce mode de développement, appelé drageonnement, permet à certaines espèces végétales de former de nouveaux axes à proximité ou à distance du pied d’origine.

Le drageon demeure initialement relié au système racinaire de la plante mère. Avec le temps, il peut développer ses propres racines et devenir autonome si la connexion avec la plante d’origine disparaît.

Le drageonnement constitue un mécanisme de multiplication végétative, ne nécessitant ni fécondation ni production de graines.

Il est notamment observé chez certains peupliers, prunelliers, pruniers et framboisiers.

Comment reconnaître un drageon ?

Un drageon présente plusieurs caractéristiques qui facilitent son identification :

  • Une origine racinaire : la pousse naît d’un bourgeon situé sur une racine, et non directement sur une tige aérienne.
  • Une apparition parfois éloignée du pied mère : il peut émerger à une certaine distance du tronc ou de la touffe.
  • Une croissance aérienne : il développe une tige, puis des feuilles et éventuellement des ramifications.
  • Une connexion souterraine : il reste initialement relié à une racine de la plante d’origine.
  • Une ressemblance avec la plante mère : les feuilles et les jeunes rameaux présentent normalement les caractères de la plante dont il provient.

Un drageon peut parfois ressembler à un jeune plant issu d’une graine.

Pour les distinguer avec certitude, il faut rechercher leur origine : une plantule provient d’une graine, tandis qu’un drageon est relié, au moins initialement, à une racine préexistante.

Il n’est cependant pas nécessaire de déterrer systématiquement la plante pour l’observer.

Comment se forme un drageon ?

Le drageonnement repose sur la capacité de certaines racines à produire des bourgeons adventifs.

Ces bourgeons ne sont pas situés aux emplacements habituels des bourgeons axillaires ou terminaux des tiges.

Lorsque les conditions physiologiques et environnementales le permettent, certains d’entre eux commencent à se développer.

1. Formation ou activation d’un bourgeon racinaire

Un bourgeon adventif se forme ou reprend sa croissance sur une racine de la plante mère.

2. Développement d’une jeune pousse

Le bourgeon produit un axe qui se dirige vers la surface du sol.

3. Émergence du drageon

Une jeune tige apparaît au-dessus du sol et commence à produire des feuilles.

4. Croissance et ramification

La pousse développe progressivement ses propres organes aériens.

5. Autonomie éventuelle

Le drageon peut produire un système racinaire suffisamment développé pour devenir indépendant de la plante mère.

Ce mécanisme permet à une plante de produire plusieurs tiges reliées initialement à un même système racinaire.

Exemples de plantes produisant des drageons

Prunellier (Prunus spinosa) : cet arbuste épineux des haies bocagères peut produire de nombreux drageons, contribuant à former des fourrés denses et parfois difficiles à traverser.

Peuplier tremble (Populus tremula) : cet arbre peut émettre des drageons à partir de ses racines et former des groupes d’individus génétiquement proches ou identiques issus d’un même pied.

Framboisier (Rubus idaeus) : de nombreuses variétés produisent des pousses issues du système racinaire, participant au renouvellement et à l’extension de la plantation.

Prunier (Prunus domestica) : certains pruniers et porte-greffes produisent des drageons autour du pied principal.

Robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia) : cet arbre introduit en Europe peut produire des drageons nombreux, notamment à la suite de perturbations. Il peut devenir envahissant dans certains habitats.

Sumac de Virginie (Rhus typhina) : cet arbuste ornemental peut produire des drageons à distance de la plante mère et former progressivement des colonies.

Ces exemples montrent que le drageonnement concerne des espèces sauvages, cultivées ou ornementales.

Drageon, rejet, stolon et rhizome : quelles différences ?

Ces termes désignent des structures végétales différentes, même s’ils participent souvent à la multiplication ou au renouvellement des plantes.

Drageon : pousse issue d’un bourgeon adventif situé sur une racine. Elle peut apparaître à distance du pied mère.

Rejet de souche : nouvelle pousse formée à partir de la souche ou de la base d’une tige, notamment après une coupe ou une perturbation.

Stolon : tige allongée, généralement superficielle, capable de produire de nouveaux plants au niveau de certains nœuds ou de son extrémité.

Rhizome : tige modifiée, généralement souterraine, possédant des nœuds, des entre-nœuds et des bourgeons. Elle peut assurer la propagation et le stockage de réserves.

Bourgeon adventif : bourgeon apparaissant en dehors des positions habituelles des bourgeons terminaux ou axillaires, par exemple sur une racine.

La distinction essentielle repose donc sur l’organe qui porte la nouvelle pousse : racine, souche ou tige modifiée.

Drageon et multiplication végétative : quels avantages ?

Le drageonnement présente plusieurs avantages pour les plantes capables de l’utiliser.

Propagation locale

La plante peut occuper de nouveaux espaces autour du pied d’origine sans produire de graines.

Renouvellement des parties aériennes

De nouvelles tiges peuvent apparaître lorsque les anciennes vieillissent ou disparaissent.

Utilisation d’un système racinaire existant

Les jeunes pousses bénéficient initialement d’une connexion avec la plante mère, ce qui peut faciliter leur installation.

Régénération après certaines perturbations

Chez plusieurs espèces, des drageons peuvent se développer après une coupe, un incendie ou des dommages affectant les parties aériennes.

Formation de colonies

Une plante initiale peut donner naissance à plusieurs pousses formant progressivement un ensemble végétal étendu.

Le drageonnement produit généralement des individus génétiquement identiques à la plante dont ils proviennent, sauf mutation.

Il ne remplace cependant pas entièrement la reproduction sexuée, qui contribue au brassage génétique des populations.

Quel est le rôle écologique des drageons ?

Le drageonnement participe au maintien et à la régénération de certaines formations végétales.

Dans les haies bocagères

Le prunellier peut former des fourrés denses grâce à ses drageons. Ces formations offrent des abris, des sites de nidification et des ressources alimentaires à différents animaux.

Dans les boisements

Certains peupliers peuvent produire des drageons après une perturbation, participant à la reconstitution locale du couvert végétal.

Dans les friches et les lisières

La multiplication végétative permet à certaines espèces de coloniser progressivement les milieux ouverts ou en transition.

Dans les milieux perturbés

La présence de bourgeons racinaires peut permettre à certaines plantes de repousser malgré la disparition d’une partie de leurs tiges.

Le drageonnement peut néanmoins favoriser une forte domination locale de certaines espèces, au détriment de végétaux moins compétitifs.

Son intérêt écologique dépend donc de l’espèce, de l’habitat et du contexte environnemental.

Pourquoi certaines plantes produisent-elles beaucoup de drageons ?

La production de drageons dépend d’abord des caractéristiques biologiques de l’espèce.

Certaines plantes possèdent naturellement une forte capacité de drageonnement, tandis que d’autres n’en produisent presque jamais.

Plusieurs facteurs peuvent influencer leur apparition :

  • Les perturbations : une coupe ou la disparition de la partie aérienne peut stimuler le développement de bourgeons racinaires chez certaines espèces.
  • La lumière : une ouverture du couvert végétal peut favoriser la croissance de nouvelles pousses.
  • Les réserves racinaires : elles contribuent au développement initial des drageons.
  • L’état physiologique : l’âge, la vigueur et les équilibres hormonaux peuvent modifier le comportement de la plante.
  • Les conditions du sol : l’humidité, la disponibilité des nutriments et les contraintes mécaniques influencent la croissance.

Il ne faut cependant pas considérer le drageonnement comme une réaction automatique à toute coupe ou blessure.

Chaque espèce possède ses propres capacités de régénération.

Les drageons au jardin : faut-il les conserver ?

Les drageons peuvent être utiles ou indésirables selon la plante et l’objectif du jardinier.

Chez les framboisiers

Ils peuvent contribuer au renouvellement de la plantation. Il est possible de conserver les pousses bien placées et de supprimer celles qui deviennent trop nombreuses.

Chez certains pruniers

Les drageons peuvent apparaître autour du pied. S’ils proviennent d’un porte-greffe, ils ne possèdent pas nécessairement les caractères de la variété fruitière greffée.

Chez les arbustes ornementaux

Certaines espèces drageonnantes peuvent s’étendre rapidement. Une surveillance régulière permet de limiter leur propagation dans les massifs.

Chez les espèces envahissantes

La coupe répétée ou les blessures racinaires peuvent parfois favoriser l’apparition de nouvelles pousses. Il convient d’adapter les interventions à l’espèce et d’éviter de disperser des fragments végétaux susceptibles de reprendre leur croissance.

Le choix de conserver ou non un drageon dépend donc de sa localisation, de l’espèce et de la fonction recherchée.

Comment multiplier une plante à partir d’un drageon ?

Chez certaines espèces horticoles, il est possible de prélever un drageon pour obtenir un nouveau plant.

1. Identifier la plante

Vérifiez l’espèce et assurez-vous qu’elle peut être multipliée par séparation de drageons.

2. Choisir un drageon bien développé

Sélectionnez une pousse saine, idéalement accompagnée de racines capables d’assurer sa reprise.

3. Repérer sa connexion avec la plante mère

Déterminez l’emplacement de la racine qui relie le drageon au pied principal.

4. Séparer délicatement

À la période adaptée à l’espèce, sectionnez la connexion à l’aide d’un outil propre, en conservant suffisamment de racines sur le nouveau plant.

5. Replanter

Installez le drageon dans un substrat correspondant aux besoins de la plante.

6. Accompagner la reprise

Arrosez de façon adaptée et protégez le jeune plant des conditions trop desséchantes.

Cette opération peut être pratiquée sur certaines plantes cultivées, mais ne doit pas être généralisée aux végétaux sauvages.

Évitez notamment de prélever des plantes dans les milieux naturels sans autorisation.

Où observer des drageons en Bretagne Sud ?

En Bretagne Sud, les drageons peuvent être observés dans les haies bocagères, les friches, les lisières forestières, les jardins, les vergers et certains boisements.

Le prunellier constitue un exemple particulièrement intéressant dans les paysages bocagers du Morbihan.

Ses drageons contribuent parfois à l’élargissement progressif des haies et à la formation de fourrés épineux.

Dans les jardins, les framboisiers, certains pruniers et différents arbustes ornementaux permettent également d’observer ce phénomène.

Les jeunes pousses sont généralement plus faciles à repérer au printemps et au début de l’été, lorsque la végétation reprend activement sa croissance.

Cependant, la présence de plusieurs tiges proches ne suffit pas à prouver qu’il s’agit de drageons : elles peuvent aussi provenir de graines, d’une souche ou de rhizomes.

Comment observer et identifier un drageon ?

Pour reconnaître un drageon sur le terrain :

  1. Repérez une plante produisant plusieurs pousses autour du pied principal.
  2. Observez la distance entre les jeunes pousses et la plante mère.
  3. Comparez leurs feuilles, leurs rameaux et leurs autres caractères botaniques.
  4. Recherchez des indices de propagation à partir du système racinaire.
  5. Distinguez les pousses apparaissant au pied de la souche de celles émergeant plus loin.
  6. Photographiez l’ensemble des pousses et leur disposition autour de la plante mère.

Lorsque l’origine souterraine reste invisible, l’identification doit demeurer prudente.

Dans les milieux naturels, il est préférable de ne pas déterrer les plantes uniquement pour confirmer leur mode de multiplication.

L’observation du drageonnement constitue un excellent exercice pour comprendre la régénération des végétaux, la multiplication clonale et les mécanismes qui participent à l’évolution des haies et des boisements.