Feuille sessile

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Qu’est-ce qu’une feuille sessile en botanique ?

Une feuille sessile est une feuille qui ne possède pas de pétiole distinct et dont le limbe, ou la base foliaire, est directement attaché à la tige.

Elle s’oppose à la feuille pétiolée, dont le limbe est relié à la tige par un pétiole plus ou moins développé.

Les feuilles sessiles présentent une grande diversité de formes. Certaines possèdent une base étroite, tandis que d’autres entourent partiellement la tige, se prolongent le long de celle-ci ou sont soudées à une feuille opposée.

Cette caractéristique constitue un critère important pour la reconnaissance botanique, notamment chez les plantes herbacées.

On rencontre des feuilles sessiles chez de nombreuses espèces des prairies, des friches, des jardins et des milieux humides.

Comment reconnaître une feuille sessile ?

Pour reconnaître une feuille sessile, il faut observer attentivement son point d’insertion sur la tige.

Plusieurs caractères permettent de l’identifier :

  • Absence de pétiole distinct : le limbe rejoint directement la tige ou une base foliaire non individualisée en pétiole.
  • Insertion directe : la feuille peut être attachée par une base étroite ou relativement large.
  • Forme variable : le limbe peut être entier, denté, lobé ou fortement découpé.
  • Disposition indépendante : les feuilles sessiles peuvent être alternes, opposées ou verticillées.
  • Base parfois spécialisée : elle peut être embrassante, engainante, décurrente ou perfoliée.

Une feuille sessile peut donc présenter une morphologie très différente selon l’espèce.

Il est important de ne pas confondre la présence ou l’absence de pétiole avec la forme du limbe.

Quelle est la différence entre une feuille sessile et une feuille pétiolée ?

La distinction repose sur la présence d’un pétiole individualisé.

Feuille pétiolée

Le limbe est relié à la tige par une structure plus ou moins allongée appelée pétiole.

C’est le cas des feuilles du noisetier, du tilleul ou de nombreux érables.

Feuille sessile

La feuille est directement insérée sur la tige, sans pétiole distinct.

Cette disposition s’observe chez de nombreuses plantes herbacées.

Une feuille peut posséder un pétiole extrêmement court, difficile à distinguer sans observation attentive.

Dans ce cas, il peut être préférable de la décrire comme subsessile, c’est-à-dire presque sessile.

Le critère principal reste donc l’existence d’une région pétiolaire réellement individualisée.

Qu’est-ce qu’une feuille subsessile ?

Une feuille subsessile possède un pétiole très court ou si peu apparent que le limbe semble presque directement rattaché à la tige.

Elle représente une situation intermédiaire entre une feuille nettement pétiolée et une feuille franchement sessile.

L’expression est surtout descriptive : elle permet de rendre compte d’une insertion foliaire dont le pétiole est difficile à distinguer à l’œil nu.

Selon les auteurs et les flores, les limites entre les termes sessile et subsessile peuvent varier.

Pour une identification précise, il est préférable d’examiner plusieurs feuilles adultes, car la longueur du pétiole peut varier selon leur position et leur stade de développement.

Qu’est-ce qu’une feuille embrassante ou amplexicaule ?

Une feuille embrassante, également appelée amplexicaule, possède une base élargie dont les lobes entourent partiellement ou largement la tige.

Cette organisation est particulièrement fréquente chez certaines plantes herbacées.

Les extensions basales peuvent former deux oreillettes de part et d’autre de l’axe.

Une feuille embrassante est généralement sessile ou presque sessile, mais toutes les feuilles sessiles ne sont pas embrassantes.

Exemples :

  • Certaines laiterons du genre Sonchus.
  • Le séneçon jacobée (Jacobaea vulgaris), dont les feuilles caulinaires peuvent présenter une base embrassante.
  • Certaines espèces de Brassicacées possédant des feuilles caulinaires à base élargie.

La forme des oreillettes et la manière dont elles entourent la tige peuvent contribuer à distinguer plusieurs espèces proches.

Qu’est-ce qu’une feuille perfoliée ?

Une feuille perfoliée est une feuille sessile dont la base entoure complètement la tige, donnant l’impression que celle-ci traverse le limbe.

Cette organisation résulte généralement du rapprochement et de la continuité des lobes basaux autour de l’axe.

Elle constitue une forme particulièrement marquée d’insertion embrassante.

Il faut distinguer deux situations :

La feuille individuellement perfoliée

La base d’une feuille entoure complètement la tige.

Les feuilles opposées connées

Deux feuilles opposées peuvent être soudées par leurs bases et sembler former un seul ensemble traversé par la tige.

Chez certaines plantes, comme le chèvrefeuille des jardins (Lonicera caprifolium), des feuilles opposées peuvent présenter cette seconde organisation.

Ces deux dispositions se ressemblent visuellement, mais leur origine morphologique est différente.

Qu’est-ce qu’une feuille décurrente ?

Une feuille décurrente possède un limbe ou une base foliaire qui se prolonge vers le bas le long de la tige.

Ces prolongements forment parfois des ailes longitudinales visibles sur l’axe.

La feuille semble alors se poursuivre en dessous de son point d’insertion.

Cette caractéristique se rencontre chez certaines molènes du genre Verbascum et chez d’autres plantes herbacées.

La décurrence peut être plus ou moins marquée selon les espèces et la position de la feuille.

Il faut distinguer une feuille décurrente d’une feuille simplement embrassante : dans le premier cas, le tissu foliaire descend le long de l’axe sur une certaine distance.

Qu’est-ce qu’une feuille engainante ?

Une feuille engainante possède une base qui forme une gaine entourant partiellement ou entièrement la tige.

Cette organisation est caractéristique de nombreuses graminées de la famille des Poacées.

Chez elles, la feuille comporte généralement :

  • Une gaine : région basale entourant la tige.
  • Un limbe : partie allongée et souvent étroite.
  • Une ligule : structure située à la jonction entre la gaine et le limbe chez de nombreuses espèces.

Les feuilles des graminées ne possèdent habituellement pas de pétiole distinct.

Cependant, il est préférable de les décrire comme engainantes lorsqu’on souhaite préciser leur organisation.

Une feuille engainante se distingue donc d’une feuille simplement sessile par la présence d’une gaine foliaire bien individualisée.

Feuille sessile, embrassante, perfoliée et décurrente : quelles différences ?

Ces expressions ne décrivent pas exactement le même caractère.

Sessile : absence de pétiole distinct.

Subsessile : présence éventuelle d’un pétiole très court, peu visible.

Embrassante : base foliaire entourant partiellement ou largement la tige.

Perfoliée : base foliaire entourant complètement la tige, donnant l’impression que celle-ci traverse le limbe.

Décurrente : limbe ou base foliaire se prolongeant vers le bas le long de la tige.

Engainante : base foliaire formant une gaine autour de la tige.

Une même feuille peut présenter plusieurs de ces caractères.

Ainsi, une feuille peut être à la fois sessile et embrassante, ou sessile et décurrente.

Ces termes sont donc complémentaires et non systématiquement exclusifs.

La cardère sauvage : un exemple remarquable

La cardère sauvage (Dipsacus fullonum), également appelée cabaret des oiseaux, constitue un excellent exemple de feuilles sessiles à base particulière.

Sur la tige florifère, les feuilles sont opposées et directement attachées à l’axe.

Leurs bases peuvent être soudées, formant une sorte de coupe autour de la tige.

Cette structure retient parfois l’eau de pluie.

Elle est particulièrement visible chez les individus adultes portant une tige florifère développée.

La cardère constitue donc une plante intéressante pour observer simultanément :

  • Les feuilles sessiles.
  • La disposition opposée.
  • La fusion des bases foliaires.
  • La formation d’une coupe autour de la tige.

Attention : les feuilles de la rosette basale, présentes avant le développement de la tige florifère, n’ont pas nécessairement la même organisation que les feuilles caulinaires.

Exemples de plantes présentant des feuilles sessiles

Cardère sauvage (Dipsacus fullonum)

Ses feuilles caulinaires sont opposées, sessiles et souvent soudées à leur base autour de la tige.

Coquelicot (Papaver rhoeas)

Les feuilles supérieures peuvent être sessiles, tandis que les feuilles inférieures présentent une organisation différente. Les feuilles sont généralement profondément divisées.

Capselle bourse-à-pasteur (Capsella bursa-pastoris)

Cette plante possède une rosette basale et des feuilles caulinaires généralement sessiles, parfois embrassantes.

Séneçon jacobée (Jacobaea vulgaris)

Les feuilles caulinaires peuvent être sessiles, découpées et présenter une base embrassante.

Compagnon blanc (Silene latifolia)

Les feuilles supérieures sont généralement sessiles et opposées, tandis que les feuilles inférieures peuvent être pétiolées.

Laiterons (Sonchus)

Plusieurs espèces présentent des feuilles caulinaires sessiles et embrassantes, dont la forme des oreillettes peut être utile pour l’identification.

Ces exemples montrent qu’une même plante peut porter des feuilles pétiolées à sa base et des feuilles sessiles plus haut sur sa tige.

Pourquoi certaines plantes possèdent-elles des feuilles sessiles ?

L’absence de pétiole individualisé fait partie de la diversité morphologique des végétaux.

Elle résulte de leur organisation et des mécanismes de développement foliaire.

Chez certaines espèces, les feuilles sont étroitement appliquées contre la tige, tandis que chez d’autres elles s’étendent largement autour de celle-ci.

Cette organisation peut influencer la position du limbe, son soutien et les interactions entre la feuille et l’axe végétal.

Toutefois, il ne faut pas considérer la sessilité comme une adaptation universelle à un milieu particulier.

Les feuilles sessiles existent chez des plantes de prairies, de milieux humides, de jardins, de cultures et d’habitats relativement secs.

Leur fonction dépend donc de l’ensemble des caractères de l’espèce.

Quel est le rôle écologique des feuilles sessiles ?

Les feuilles sessiles assurent les grandes fonctions habituelles des organes foliaires.

Photosynthèse

Le limbe peut intercepter la lumière et produire des substances organiques.

Échanges gazeux

Les stomates participent aux échanges avec l’atmosphère.

Transpiration

La feuille intervient dans les transferts d’eau sous forme de vapeur.

Occupation de l’espace

L’insertion directe du limbe contribue à l’architecture générale de la plante.

Structures particulières

Chez certaines plantes, des bases foliaires embrassantes ou soudées peuvent retenir temporairement de l’eau ou modifier les conditions locales autour de la tige.

C’est notamment le cas de la cardère sauvage.

Ces fonctions doivent être étudiées en fonction de chaque espèce : la seule absence de pétiole ne permet pas de conclure à une fonction écologique particulière.

Où observer des feuilles sessiles en Bretagne Sud ?

En Bretagne Sud, les feuilles sessiles peuvent être observées dans de nombreux milieux : prairies, talus, friches, bords de chemins, jardins, cultures et zones humides.

Dans les friches et sur les talus, les cardères, coquelicots et laiterons constituent des exemples intéressants.

Dans les prairies et les espaces ouverts, certaines plantes herbacées permettent de comparer les feuilles basales pétiolées et les feuilles caulinaires sessiles.

Dans les jardins et les potagers, plusieurs plantes cultivées ou spontanées présentent également des feuilles sans pétiole distinct.

Les graminées permettent d’étudier une organisation différente, fondée sur la présence d’une gaine foliaire.

Le printemps et l’été sont particulièrement favorables à l’observation des feuilles caulinaires sur les tiges développées.

Comment observer et identifier une feuille sessile ?

Pour reconnaître une feuille sessile sur le terrain :

  1. Choisissez une plante portant plusieurs feuilles sur une tige visible.
  2. Repérez le point d’insertion d’une feuille.
  3. Vérifiez si un pétiole distinct est présent.
  4. Examinez la forme de la base du limbe.
  5. Recherchez d’éventuelles oreillettes entourant la tige.
  6. Vérifiez si le limbe se prolonge vers le bas le long de l’axe.
  7. Observez la présence éventuelle d’une gaine foliaire.
  8. Comparez les feuilles basales et les feuilles supérieures.
  9. Photographiez le rameau de profil puis la base d’une feuille en gros plan.

Pour une identification botanique précise, il est préférable d’observer plusieurs feuilles adultes et de noter leur position sur la plante.

Cette méthode permet de distinguer les feuilles sessiles, subsessiles, embrassantes, engainantes et décurrentes sans avoir à arracher la plante.

L’étude des feuilles sessiles constitue ainsi un excellent complément à la reconnaissance du pétiole, du limbe et de la phyllotaxie.