Infographie illustrée sur le compostage au jardin

Faire son compost au jardin : le guide complet pour le réussir sans mauvaises odeurs


Affiche illustrée sur le compostage au jardin en Bretagne Sud

Épluchures, marc de café, feuilles mortes, petites tailles, fleurs fanées, tontes de pelouse… une grande partie des déchets organiques produits à la maison et au jardin peut être transformée en une matière sombre, souple et riche : le compost.

Le principe est simple. Des micro-organismes, champignons et petits animaux du sol décomposent progressivement les matières organiques pour les transformer en humus.

Bien conduit, un compost ne doit normalement pas dégager de mauvaise odeur. Lorsqu’il sent mauvais, c’est généralement le signe d’un déséquilibre : trop d’humidité, trop de matières fraîches ou pas assez d’air.

🌿 L’Astuce Bretagne Sud

Pour réussir un compost, retenez simplement quatre mots : mélanger, fragmenter, aérer et surveiller l’humidité.


1. Pourquoi faire son compost ?

Composter permet d’abord de transformer des déchets en ressource.

Au lieu d’évacuer les matières organiques produites par le jardin ou la cuisine, on les restitue progressivement au sol.

Le compost permet notamment :

  • de réduire la quantité de déchets à éliminer ;
  • de produire un amendement naturel ;
  • d’améliorer la structure du sol ;
  • de favoriser la vie biologique ;
  • d’améliorer la capacité du sol à retenir l’eau ;
  • de réduire le recours aux terreaux et amendements achetés.

🐝 Favoriser la biodiversité

Le compost nourrit d’abord le sol. En favorisant bactéries, champignons, vers de terre et microfaune, il contribue à maintenir un jardin vivant.


2. Composteur en bac ou compost en tas ?

Les deux méthodes fonctionnent.

Le composteur en bac

Il est particulièrement adapté :

  • aux petits et moyens jardins ;
  • aux volumes modérés ;
  • lorsqu’on souhaite un espace propre et organisé.

Installez-le directement sur la terre, plutôt que sur une dalle étanche.

Cela facilite les échanges avec le sol et permet à différents organismes décomposeurs de coloniser les matières.

Un bac protège également davantage le compost des fortes pluies et du dessèchement.

Le compost en tas

Il convient mieux lorsque l’on dispose :

  • d’un grand jardin ;
  • de beaucoup de feuilles ;
  • de tailles ;
  • de tontes ;
  • d’importants volumes de déchets végétaux.

Il est très facile à retourner et n’impose pratiquement pas de limite de volume.

🛠️ Bon à savoir

Pour une grande quantité de déchets végétaux, le tas est souvent plus simple. Pour un jardin de taille moyenne, le bac est généralement plus pratique et esthétique.


3. Où installer le composteur ?

L’emplacement influence beaucoup son fonctionnement.

Choisissez de préférence un endroit :

  • directement sur le sol ;
  • facilement accessible ;
  • ni constamment détrempé ni complètement desséché ;
  • bénéficiant à la fois d’un peu d’ombre et de lumière ;
  • relativement protégé des vents desséchants.

Évitez donc :

  • le plein soleil toute la journée ;
  • une cuvette où l’eau stagne ;
  • une dalle bétonnée totalement isolée du sol si vous avez le choix.

4. Le secret : mélanger les déchets « verts » et « bruns »

Infographie sur les quatre éléments d’un compost parfait

C’est probablement la règle la plus importante.

Un compost composé uniquement de tontes de gazon et d’épluchures devient rapidement compact, humide et malodorant.

À l’inverse, un tas constitué presque exclusivement de branches et de feuilles sèches se décompose très lentement.

Il faut donc mélanger les deux.

🟢 Matières fraîches et humides

Par exemple :

  • épluchures de fruits et légumes ;
  • marc de café ;
  • fanes ;
  • fleurs fraîches ;
  • jeunes adventices ;
  • tontes de pelouse en quantité raisonnable ;
  • déchets frais du potager.

Elles sont généralement riches en azote et en eau.

🟤 Matières sèches et structurantes

Par exemple :

  • feuilles mortes ;
  • petites branches broyées ;
  • broyat ;
  • paille ;
  • herbes sèches ;
  • petits morceaux de carton brun non plastifié ;
  • copeaux et sciure de bois non traité.

Elles apportent notamment du carbone et créent des espaces permettant à l’air de circuler.

🌿 L’Astuce Bretagne Sud

Chaque fois que vous versez un seau d’épluchures très humides, ajoutez quelques poignées de feuilles mortes, broyat ou matière sèche.


5. Faut-il respecter une proportion exacte ?

Pas besoin de sortir une balance.

Pour le jardinier amateur, le meilleur indicateur reste l’état du compost lui-même.

Il doit être :

  • humide mais non détrempé ;
  • aéré ;
  • souple ;
  • sans odeur désagréable persistante.

6. Couper les déchets avant de les mettre au compost

Plus les matières sont grossières, plus leur dégradation est lente.

Il est donc utile de :

  • couper les grosses épluchures ;
  • casser les tiges épaisses ;
  • fragmenter les cartons ;
  • broyer les tailles de haies ;
  • sectionner les branches fines.

Les matières ligneuses broyées sont particulièrement intéressantes puisqu’elles favorisent également l’aération.


7. Aérer régulièrement : indispensable pour éviter les mauvaises odeurs

Le compostage est un processus qui a besoin d’oxygène.

Lorsque la matière se tasse et que l’air ne circule plus suffisamment, le fonctionnement change.

C’est alors que peuvent apparaître :

  • fermentation excessive ;
  • jus ;
  • décomposition lente ;
  • odeurs désagréables.

À chaque gros apport, mélangez les nouveaux déchets avec la couche supérieure déjà présente.

Il n’est pas nécessaire de retourner tout le composteur chaque semaine.

L’objectif est surtout d’éviter la formation de grosses masses compactes.

🌿 L’Astuce Bretagne Sud

Gardez une petite fourche ou un aérateur à proximité du composteur : quelques mouvements lors de chaque gros apport suffisent souvent à éviter le tassement.


8. Quelle doit être l’humidité du compost ?

Imaginez une éponge que l’on vient d’essorer.

Le compost doit être humide au toucher sans laisser couler beaucoup d’eau.

Compost trop sec

Les signes possibles :

  • décomposition très lente ;
  • matières restant intactes longtemps ;
  • compost poussiéreux ;
  • certaines zones très sèches.

Dans ce cas :

  • ajoutez davantage de matières fraîches ;
  • mélangez ;
  • humidifiez légèrement si nécessaire.

Compost trop humide

Les signes possibles :

  • masse compacte ;
  • jus abondant ;
  • odeur désagréable ;
  • matériaux collants.

Dans ce cas :

  • aérez ;
  • ajoutez des feuilles mortes ou du broyat ;
  • mélangez ;
  • protégez le bac des pluies excessives.

💧 Économie d’eau

Un compost n’est ni un tas sec ni une éponge gorgée d’eau : recherchez une humidité régulière, sans écoulement permanent.


9. Pourquoi mon compost sent-il mauvais ?

Tableau de diagnostic rapide pour compost malodorant

C’est probablement la question la plus fréquente.

Et contrairement à une idée reçue :

un compost équilibré ne doit pas sentir les ordures.

Une odeur désagréable indique généralement un manque d’oxygène associé à trop d’humidité ou à une trop grande quantité de matières riches en azote.

Si le compost sent mauvais :

1. Brassez-le

Pour réintroduire de l’air.

2. Ajoutez de la matière sèche

Par exemple :

  • feuilles mortes ;
  • broyat ;
  • petits morceaux de carton brun ;
  • paille.

3. Vérifiez l’humidité

S’il est détrempé, laissez-le s’aérer et protégez-le de la pluie.

4. Cassez les amas de tonte

Une grosse couche d’herbe humide se tasse très rapidement.

5. Mélangez les nouveaux apports

Ne laissez pas toutes les épluchures ou tontes au même endroit.

⚠️ À éviter

Une forte odeur persistante n’est pas « normale ». Elle indique généralement que le compost manque d’air ou contient trop de matières humides.


10. Que peut-on mettre au compost ?

Liste des déchets à mettre ou éviter au compost

✅ Sans difficulté particulière

Déchets de cuisine

  • épluchures de fruits et légumes ;
  • marc de café ;
  • filtres en papier ;
  • fanes ;
  • fruits et légumes abîmés ;
  • pain en quantité raisonnable.

Déchets du jardin

  • fleurs fanées ;
  • feuilles mortes ;
  • petites tailles broyées ;
  • tontes préalablement mélangées à des matières sèches ;
  • résidus du potager ;
  • herbes non montées en graines.

Autres matières

  • essuie-tout non contaminé par des produits chimiques ;
  • petits cartons bruns non plastifiés ;
  • sciure et copeaux de bois non traité.

11. Que faut-il mettre avec précaution ?

Certaines matières sont compostables mais demandent davantage de vigilance.

Les tontes de gazon

Très riches en eau.

Ne versez jamais une grosse couche compacte d’herbe fraîche.

Laissez éventuellement les tontes sécher un peu et mélangez-les avec du broyat ou des feuilles.

Les mauvaises herbes grainées

Les graines ne sont pas nécessairement détruites dans un petit composteur domestique.

Les plantes malades

La prudence s’impose.

Un compost domestique ne garantit pas systématiquement une montée en température suffisante pour éliminer tous les organismes pathogènes.

Viande et poisson

Ils peuvent techniquement être compostés dans certaines conditions, mais attirent plus facilement les animaux et compliquent la gestion d’un petit composteur.


12. Ce qu’il ne faut jamais mettre au compost

Évitez notamment :

  • plastique ;
  • verre ;
  • métal ;
  • polystyrène ;
  • bois peint ou traité ;
  • produits chimiques ;
  • huiles minérales ;
  • médicaments ;
  • couches ;
  • matériaux synthétiques.

⚠️ À éviter

« Biodégradable » ne signifie pas automatiquement « adapté au composteur du jardin ». En cas de doute sur un emballage ou un produit manufacturé, ne le mettez pas au compost.


13. Et les agrumes ?

Quelques épluchures d’orange ou de citron peuvent tout à fait entrer dans un composteur de jardin.

Il est surtout préférable de :

  • les couper en morceaux ;
  • les mélanger aux autres déchets ;
  • éviter d’en ajouter soudainement une énorme quantité.

14. Les coquilles d’œufs sont-elles utiles ?

Oui, mais elles se décomposent lentement.

Écrasez-les avant de les incorporer.

Elles peuvent apporter de petits éléments minéraux et contribuer à diversifier la structure du mélange.


15. Faut-il ajouter un activateur de compost ?

Dans la majorité des cas : non.

Un compost correctement équilibré possède déjà tout ce dont les organismes décomposeurs ont besoin :

  • matières carbonées ;
  • matières azotées ;
  • eau ;
  • oxygène.

🛠️ Bon à savoir

Avant d’acheter un activateur, vérifiez simplement l’humidité, l’aération et l’équilibre entre matières sèches et humides. Le problème vient très souvent de là.


16. Les moucherons sont-ils inquiétants ?

Quelques moucherons autour du compost sont fréquents, surtout pendant les périodes chaudes.

Ils ne signifient pas nécessairement que le compost fonctionne mal.

Pour limiter leur présence :

  • enfouissez légèrement les déchets de cuisine frais ;
  • recouvrez-les de feuilles ou de matière sèche ;
  • évitez de laisser des fruits en surface ;
  • vérifiez que le compost n’est pas excessivement humide.

17. Pourquoi mon compost ne se décompose-t-il pas ?

Les causes les plus fréquentes sont :

Trop sec

➡️ Ajouter un peu de matière humide ou un peu d’eau.

Trop de branches

➡️ Ajouter des matières fraîches riches en azote.

Déchets trop gros

➡️ Les fragmenter.

Pas assez mélangé

➡️ Brasser les matières.

Compost trop froid en hiver

➡️ Rien d’anormal : l’activité biologique ralentit lorsque les températures baissent.


18. Comment reconnaître un compost mûr ?

Un compost mûr présente généralement :

  • une couleur brun foncé ;
  • une structure grumeleuse ;
  • une odeur agréable de sous-bois ;
  • très peu de déchets d’origine encore reconnaissables.

Les morceaux de branches qui ne sont pas complètement décomposés peuvent être tamisés puis remis dans le prochain compost.


19. Combien de temps faut-il pour obtenir du compost ?

Cela dépend :

  • du volume ;
  • des matières utilisées ;
  • de leur taille ;
  • de l’aération ;
  • de l’humidité ;
  • de la saison.

Dans de bonnes conditions, plusieurs mois sont généralement nécessaires.

Ne vous focalisez cependant pas uniquement sur le calendrier : l’aspect du compost est plus important que son âge.


20. Comment utiliser le compost au jardin ?

Infographie des quatre étapes de fabrication du compost mûr

Le compost est avant tout un amendement organique.

Il améliore notamment la structure et la vie du sol.

Vous pouvez :

  • l’étaler au pied des légumes ;
  • en apporter autour des arbustes ;
  • enrichir les massifs ;
  • l’incorporer superficiellement lors de certaines plantations ;
  • l’utiliser sous un paillage.

Évitez de retourner profondément la terre uniquement pour enfouir le compost.

🌿 L’Astuce Bretagne Sud

Étalez le compost en surface puis griffez légèrement le sol. Les vers de terre et autres organismes effectueront progressivement une grande partie du travail.


21. Compost et paillage : deux pratiques complémentaires

Tout ne doit pas nécessairement finir dans le composteur.

Certaines matières sont souvent encore plus utiles directement sur le sol :

  • feuilles mortes ;
  • tontes préalablement fanées ;
  • broyat de branches ;
  • petites tailles broyées.

🐝 Favoriser la biodiversité

Compostez une partie des déchets du jardin et utilisez-en une autre partie en paillage : vous recyclez la matière organique tout en nourrissant et protégeant le sol.


Le diagnostic express du composteur

🟢 Il sent le sous-bois

Tout va bien.

🔵 Il est très sec

Ajoutez un peu de matière humide et mélangez.

🟠 Il ne se décompose presque plus

Vérifiez l’humidité, fragmentez et mélangez les matières.

🔴 Il sent mauvais

Manque d’air ou excès d’humidité probable.

➡️ Brasser + ajouter des matières sèches.

🪰 Beaucoup de moucherons

Recouvrez davantage les déchets frais avec de la matière sèche.


Les 5 règles d’or

Pour réussir votre compost :

1. Varier les matières
Mélangez déchets humides et déchets secs.

2. Fragmenter
Découpez ou broyez les éléments les plus gros.

3. Aérer
Brassez régulièrement pour empêcher le tassement.

4. Contrôler l’humidité
Humide comme une éponge essorée, jamais détrempé.

5. Observer
Odeur, texture et humidité vous indiquent immédiatement s’il faut intervenir.

💧 Économie d’eau

Un compost trop humide manque rapidement d’air. Si une odeur apparaît, commencez par aérer et ajouter des matières sèches avant de chercher une solution plus compliquée.


À retenir

Un bon compost doit être :

  • diversifié ;
  • aéré ;
  • humide sans être détrempé ;
  • régulièrement mélangé ;
  • alimenté avec des matières fraîches et sèches ;
  • installé dans un emplacement adapté.

Et surtout :

un compost bien équilibré ne doit pas sentir mauvais.

🌿 L’Astuce Bretagne Sud

Si vous ne devez retenir qu’un geste : gardez toujours à côté du composteur une réserve de feuilles mortes ou de broyat. À chaque apport humide, ajoutez-en une poignée et mélangez.


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